J’ allais soigner une petite grand mère en fin de vie, dans une ferme.
Avant de pouvoir entrer, je commençais à chaque fois par demander au mari, un bon gros qui se fichait de moi à chaque fois, de bien vouloir rentrer ses oies, dont j’ avais la phobie; J’ avais été obligé de le menacer de ne plus venir.
Il les rentrait toujours en ayant un petit mot sarcastique.
La pauvre vieille avait un magnifique escarre; à chaque fois que l’ on rentrait, avec l’ infirmière, (je rappelle à ce propos aux aides soignantes de refuser de donner les médicaments; le risque est trop grand, et la responsabilité personnelle serait engagée) on n’ en prenait plein les naseaux; L’ odeur était terrifiante.
Un jour, en arrivant pour la soigner , je m’ aperçois que son visage avait une couleur verdâtre.
Inquiète, je demandais à son mari ce qu avait pu se passer.
Celui ci me répondit sans rire : je lui ai donné de l’ eau de la bonne mère de Lourdes.
Le flacon datait d’ au moins 30 ans, je l’ avais aperçu trônant sur la cheminée.
L’ infirmière et moi même n’ avons pu nous empêcher de rire, malgré la situation, nous empêcher de rire. Ce n’ est pas de sa maladie qu’ elle mourra mais ça risque d’ être de septicémie fulgurante.
Elle mourut deux jours après; peut être était ce d’ ailleurs aussi bien; la bonne mère l’ avait rappelé près d’ elle, lui évitant de plus grandes souffrances.